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« Changement d’époque : l’impérialisme contre-attaque mais Chavez vit la lutte continue » de Cockcroft

« Changement d’époque : l’impérialisme contre-attaque mais Chavez vit la lutte continue » James D. Cockcroft - in
Farsi http://www.iran-si.com/vdcd2j0k6yt05.a2y.html

La phrase du président équatorien Rafael Correa selon laquelle « nous vivons actuellement, non pas une époque de changement, mais bien un changement d’époque » n’aura jamais été aussi vraie. En effet, il y a un déclin mondial des impérialismes, ainsi que des changements historiques dans la corrélation des forces sociales, des classes et des nations.

Des nouveaux mouvements populaires dirigés par « ceux et celles du bas de l’échelle » ont surgi, dont la voix la plus entendue et respectée fut et l’est encore celle d’Hugo Chavez Frias. Il y a même Pape latino-américain pour la première fois dans l’histoire de l’Église catholique!
Les échecs militaires et diplomatiques des États-Unis partout dans le monde, ainsi que la crise financière globale, ont élargi la perte d’hégémonie mondiale des États-Unis. Certains Pôles de Pouvoir multiples et la montée des nouvelles alliances économiques et géopolitiques sont en train de se substituer à la domination d’une seule et unique Superpuissance. Le pouvoir économique du « BRICS » (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) augmente et la CÉLAC se consolide.
Les gouvernements impérialistes contre-attaquent avec la répression militaire des mouvements sociaux. Par leurs interventions dans des guerres sales de conquête visant le contrôle mondial des ressources naturelles, les impérialismes militarisent le monde. La souveraineté des nations est en danger, mais également leur souveraineté alimentaire et la survie de l’Humanité et de la Planète.
En tenant cela à l’esprit, le président Chavez, renforcé par la nationalisation des industries du pétrole et du gaz au Venezuela et par l’utilisation des revenus provenant de celles-ci en faveur des peuples travailleurs des Amériques à la place des élites, a commencé la construction d’une alternative d’unité entre les Peuples et les États et les nouvelles formes de « Socialisme du XXIe siècle ». Les cinq points de son « Programme de la Patrie pour la Gestion Bolivarienne Socialiste 2013-2019 » (Voir http://blog.chavez.org.ve/programa-patria-venezuela-2013-2019/#.UU2zkVfr...) constituent une feuille de route (pas la seule) vers « un autre monde alternatif », indiquant ainsi que d’autres formes de sociétés et la paix mondiale sont possibles et indispensables.
Changement d’Époque en Amérique Indo-Afro-Latine
Depuis le soulèvement zapatiste de 1994 au Mexique, l’élection présidentielle d’Hugo Chavez au Venezuela en 1998, et l’historique « Deuxième sommet des Peuples » qui a eu lieu à Québec en 2001, un changement profond a bouleversé « la cour arrière » de l’empire. À vrai dire, les racines de ce changement – comme ça l’a été remarqué par Hugo Chavez, Evo Morales et d’autres dirigeants – sont dans la Révolution Cubaine de 1959, cible d’un terrorisme commandité par le gouvernement étasunien, contre lequel luttaient de façon pacifique les « Cinq Héros Cubains » injustement incarcérés depuis 1998 aux États-Unis.
Il suffit de voir quelques-unes des nouvelles institutions de ce “changement d’époque”: la CÉLAC; la Banque su Sud, une nouvelle divise, le SUCRE; l’ALBA-TCP; le Conseil des Mouvements Sociaux de l’ALBA et des pays amis; le Conseil de Sécurité Sud-Américain; l’UNASUR; TeleSUR; RadioSUR, PetroSUR et PetroCARIBE; et le MERCOSUR (Chavez l’a solidifié et l’a rendu plus progressiste).
Les buts et les réussites des nouveaux processus réformistes et révolutionnaires – malgré leurs limites causées par les erreurs inévitables de n’importe quel processus et de la continuation du capitalisme sous différentes formes – reflètent un « changement d’époque » que Chavez a aidé à diriger :
• Nouvelles formes d’État – unitaire, indépendant, plurinational, communautaire
• Nouvelles formes de participation directe, comme les communes au Venezuela et plusieurs assemblées constituantes pour rédiger et ensuite voter des nouvelles constitutions.
• Interdiction de bases militaires étrangères
• Réforme agraire et agriculture durable, illustrée par la Voie Paysanne (une coalition globale de mouvements de paysans)
• Eau potable comme droit humain
• Droits des Peuples Originaires, les Afro-Latino-Américains et les Femmes
• Droits humains et droits de la Terre Mère (Pacha Mama), pour lesquels luttent plus intégralement les peuples autochtones
• Médias communautaires et le droit d’accès aux grands moyens de communication
• Développement d’énergies propres
• Élimination de la faim, la pauvreté et l’analphabétisme
• Rejet de l’impérialisme et du colonialisme, ainsi que la renonciation aux guerres
• Remplacement du but de croissance économique par celle du « Bon Vivre » pour laquelle se sont battus considérablement Evo Morales et les Peuples autochtones, ou la « vie équilibrée » – comme mentionné par Chavez: « assurer la plus grande somme de sécurité sociale, la plus grande somme de stabilité politique et la plus grande somme de bonheur »
• Le renforcement de l’indépendance, la solidarité, la liberté et l’intégration entre les Peuples.
Les impérialismes contre-attaquent, les peuples résistent
La contre-attaque actuelle des impérialismes sur plusieurs fronts inclut une nouvelle dimension de l’impérialisme contemporain, un autre symptôme d’un changement d’époque : dépendance de l’utilisation de la force militaire et la concordante militarisation des sociétés. Dans « Notre Amérique » (Jose Marti) sont introduites des nouvelles bases militaires et des tentatives de coups d’État militaires et « civils ». Le budget étasunien pour les « forces spéciales » a augmenté et ils ont déjà la liberté d’agir dans plus de soixante-dix pays. Aussi, les impérialismes conduisent des guerres cybernétiques et dominent les médias de masse de désinformation. Parallèlement, ils criminalisent la contestation et diabolisent leurs opposants plus qu’avant et même après la mort de ceux-ci (cas de Chavez).
Dans Notre Amérique, les gouvernements des États-Unis et du Canada solidifient les gouvernements les plus réactionnaires comme ceux du Mexique, Colombie, Pérou, Chili, Honduras, Guatemala, Costa Rica et Panama, la soi-disant « Alliance pacifique ». Les États-Unis continuent à exercer leur contrôle sur la colonie du Porto Rico et une partie de Cuba – Guantanamo, symbole mondial de la torture moderne. La France et les Pays-Bas ont encore leurs colonies dans la région et la Grande-Bretagne défend son contrôle des Îles Malouines argentines.
Toutefois, les résistances populaires (fréquemment dirigées par les femmes et les peuples autochtones) – et jusqu’à un certain point les États influencés par celles-ci – continuent leur lutte contre les attaques impérialistes actuelles. Par exemple, entre le 20 et le 22 juin 2012, durant la Conférence de l’ONU sur le Développement durable Rio + 20, presque cent mille activistes des Mouvements Sociaux du monde ont lancé leur propre « Sommet des Peuples » qui a mis l’emphase sur les buts énoncés plus haut pour finir avec la marchandisation de la Terre-Mère.
Plus les mouvements sociaux et travaillistes s’uniront, plus grande sera la contestation de l’impérialisme et l’opportunité de concrétiser les espoirs de l’Humanité. Pour moi, ceci signifie penser, imaginer et construire – à travers les Congrès et Assemblées Populaires, dialogue et respect envers la différence – des nouveaux Socialismes libertaires, pluralistes, démocratiquement participatifs et internationalistes. Tel est le procès déjà commencé dans un grandissant nombre de pays à niveaux différents, mais de plus en plus combinés. Le Venezuela de Chavez, tel quel ses discours et praxis, nous offre plusieurs exemples de la construction du pouvoir populaire, surtout à travers le développement des Missions Sociales à grand caractère humaniste.
Depuis la Bataille Sociale de Québec 2001, où les mouvements sociaux et travaillistes et la voix rebelle du Président Chavez ont dénoncé le plan impérialiste et annexionniste de la ZLÉA et ont ainsi créé les conditions pour la mobilisation continentale des peuples qui a conduit à la défaite de la ZLÉA à Mar del Plata, Argentine (2005), sont apparus des nouveaux efforts pour unifier les Mouvements Sociaux du Sud et du Nord, illustrés par les nouvelles coalitions comme le Collectif des Mouvements Sociaux du Québec Amis de la CÉLAC et de l’ALBA-TCP (voir www.aporrea.org/actualidad/n194559.html, http://www.aporrea.org/venezuelaexterior/n224986.html, et http://www.aporrea.org/internacionales/n211877.html).
Bien sûr que des tels rêves sont nécessaires, mais nous devons aussi être réalistes. Nous savons tous que – avec l’exception partielle de Cuba – nous vivons dans des économies capitalistes et que les gouvernements du Sud dépendent trop des exportations des combustibles fossiles et des matières premières. Nous savons tous que le néolibéralisme persiste dans les États supposément postnéolibéraux. Nous savons aussi qu’il y a des graves problèmes internes dans les processus réformistes et révolutionnaires de Notre Amérique et dans nos propres Mouvements Sociaux. Parallèlement, il y a des tensions entre les Mouvements et les États progressistes que nous devons transformer en tensions créatives – « avec tous et pour le bien de tous » – comme mentionné par José Marti. C’est ce que Chavez a toujours essayé de faire, en disant toujours que les peuples doivent s’organiser et diriger. Nous, comme Chavez, devons insister sur plus d’autocritique et plus de pensée critique et créative.
Je ne doute pas que les peuples des Amériques mobilisés et conscients marquerons le chemin encore une fois. Aujourd’hui, nous coïncidons à nouveau sur le fait qu’il est indispensable de continuer à développer de façon démocratique un programme de changements antinéolibéral, anticapitaliste, anti-impérialiste, proautochtone, antiraciste et antipatriarcal au sein d’un cadre internationaliste et Humaniste, bref, la vision de ce Bolivar du XXIe siècle – Hugo Chavez Frias.
Fin

- Le Dr.James D. Cockcroft, Ph.D, Université de Stanford, est professeur à distance à l’Université publique de New York. Il reçut trois fois la bourse Fullbright. Il est l’auteur émérite de 50 livres sur l’Amérique Latine, les États-Unis et sur les Droits Humains. Il est aussi poète. En tant qu’immigrant canadien, le docteur Cockcroft est l’un des fondateurs du Réseau d’intellectuels, artistes et militants sociaux « En défense de l’Humanité ». Il est membre du Conseil Mondial du Projet José Marti de solidarité mondiale commandité par l’UNESCO, du comité international pour la libération des Cinq Héros cubains, de la Table de Concertation de Solidarité Québec-Cuba, le Tribunal International de Liberté Syndicale (2009 –), le Tribunal International de Conscience des Peuples en Mouvement (2010 –). Il est un porte-parole et un fondateur du Collectif des Mouvements Sociaux du Québec Amis de la CÉLAC et de l’ALBA-TCP. Son site internet est le suivant : www.jamescockcroft.com.

Cet article (qui vient d’être publié dans http://alainet.org/active/62942; http://www.aporrea.org/tiburon/a162527.html; http://mrzine.monthlyreview.org/2013/cockcroft030413.html; http://www.lahaine.org/index.php?p=37689; et d’autres sites sur le web) fut sa conférence pour la IX Rencontre Internationale du Réseau d’intellectuels, artistes et militants sociaux « en défense de l’humanité » : « Le plan de la Patrie : pensée et action de Hugo Chavez Frias », Caracas, Venezuela, 25 mars 2013.

(Une version antérieure de cette dissertation est apparue sous le titre de « Changement d’Époque » comme le premier article de la publication « CHANGEMENT D’ÉPOQUE », Organe des Mouvements Sociaux et citoyens de Notre Amérique / Montréal – Québec 10 ans Après, Août – 2011, Numéro 1, publié en espagnol et en français. Dans la même année, il est apparu en ligne : http://www.aporrea.org/internacionales/a122888.html et http://www.rebelion.org/noticia.php?id=128025]

Traduction du texte effectuée par Josué Medina.